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UNE EXPOSITION DE CHRISTIAN VERDET
Kosovo 2005 - l’inconnue européenne
Médiathèque de Roanne : du 3 au 24 septembre 2005
samedi 27 août 2005


vernissage de l’exposition : le samedi 3 septembre 2005, à 15 heures.

Chritian Verdet, photographe à la Ville de Roanne, présente le fruit du voyage qu’il a entrepris au Kosovo en mai dernier. A travers une quarantaine de photographies, il essaie de rendre intelligible une sitation complexe où des minorités serbes et rom, enfermées dans des enclaves tentent de survivre au milieu d’une population à 90% albanaise. Il nous montre la réalité d’un pays qui ne vit en paix que grâce à la présence des militaires de la KFOR (OTAN) et à la MINUK (MLission de l’ ONU au Kosovo).

Christophe Chiclet, spécialiste des Balkans, présent le 24 septembre à 15 heures à la Médiathèque, donnera quelques clés et points de repères autour du reportage de Christian Verdet.

"L’Europe occidentale a été abreuvée, voire submergée, d’images des tragédies yougoslaves depuis qu’un jour maudit de juin 1991 la guerre a éclaté en Slovénie, dans un décor paradisiaque, rappelant les montagnes suisses. Quoi, la guerre au cœur de l’Europe ! Alors que le mur de Berlin est tombé et que l’URSS s’est dissoute. Un cauchemar terrible hérité des failles du régime titiste, failles si bien mises en scène dans les films de Kusturica (Papa est en voyage d’affaire, Le temps des gitans, Underground...).

A cette époque, j’avais malheureusement prédit que les guerres yougoslaves allaient irrémédiablement descendre vers de sud de l’ancienne République socialiste fédérative de Yougoslavie. La Slovénie, membre de l’Union européenne depuis de 1er mai 2004, s’en est bien sortie. La Croatie, beaucoup moins. La Bosnie multi-ethnique encore moins. Les guerres y ont cessé à l’automne 1995. Mais l’affaire était loin d’être finie.

Inexorablement, la tragédie glissait lentement mais sûrement vers le cône sud des Balkans, touchant la Serbie, sa province anciennement autonome du Kosovo et la République de Macédoine, dernier pays multi-ethnique de l’ensemble de la région. En descendant vers la mer Egée et le sud de l’Adriatique, la guerre risquait de franchir les frontières de l’ex-Yougoslavie pour déborder sur la pauvre Bulgarie, la Grèce membre de l’Union européenne et l’anarchique Albanie. D’où la réaction de l’OTAN et de l’UE, craignant que le feu n’embrase toute la région. C’est ainsi que le 24 mars 1999, les avions de l’OTAN bombardent sans discernement la Serbie et le Kosovo. Pour les forces occidentales, il s’agit de libérer cette province à 70% albanaise de la dictature des forces ultra nationalistes du dictateur de Belgrade, Slobodan Milosévic, qui a ruiné et affamé son peuple au nom de la « Grande Serbie », en réalité au nom d’une conquête schizophrénique du pouvoir !

Le 9 juin 1999, la guerre du Kosovo est terminée. L’armée serbe quitte la région en bon ordre. Les troupes de l’OTAN y entrent et les Nations Unies y installent une administration provisoire avec l’aide de l’UE. Enfin, les tragédies yougoslaves semblent terminées. Pourtant, il n’en est rien. La barbarie change de camp. Les Albanais kosovars, victimes pendant dix ans des nationalistes serbes, vont devenir à leur tour des bourreaux sanguinaires.

Au Kosovo, il n’y a pas eu malheureusement de « paix des braves ». Bien au contraire : la violence a changé de camp, aiguillonnée par les mafias locales qui avaient et ont tout intérêt à s’engraisser sur le chaos local. Les minorités serbe et rrom du Kosovo ont été victimes de l’épuration ethnique de la part des Albanais. Ceux qui sont restés vivent dans des enclaves ou des ghettos protégés par les forces de l’OTAN. Bref, une situation paranoïaque difficile à rendre en image. Point de photos spectaculaires de combats ou de massacres.

Pourtant, Christian Verdet a su recréer cette ambiance, tel un peintre pointilliste. De près, chaque photo a sa propre intensité. Mais avec du recul, en regardant l’ensemble de l’exposition, la réalité du Kosovo prend forme, avec parfois des clins d’œil à l’Histoire. La France avait obtenu au début du XX° siècle un protectorat sur la Maroc et la Tunisie. Aujourd’hui le Kosovo, comme la Bosnie, est un protectorat des Nations Unies. Or parmi les troupes de l’OTAN et de l’ONU, au Kosovo, il y a un contingent marocain ! L’Histoire bégaie. Que dire aussi de cette photo où l’UE finance une décharge d’ordures...

Les photos de Christian Verdet sont autant de petits poèmes qui mériteraient à chaque fois une explication approfondie, une touche d’humanité dans une région ravagée par les guerres depuis trop longtemps. Une région malade d’un nationalisme désuet à l’heure de l’internet et de la mondialisation."

Christophe Chiclet .

Christophe Chiclet est journaliste, historien, et professeur à la Sorbonne. Il a collaboré au "Monde Diplomatique" et est rédacteur pour la revue "Confluences méditerranée". Il est l’auteur de plusieurs livres sur les Balkans dont « Kosovo : le piège » ; Paris, L’Harmattan, 2000.



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