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lundi 11 avril 2005


La Rose ©Jean-Luc Mège - 35.8 ko

La Rose ©Jean-Luc Mège

11 avril 2005

Un train pour Battambang

Il y a des milliers de choses qui me font toujours rêver... Parmis celles-ci, l un des reves les plus fous serait sans doute celui de remonter le temps ; or vous allez voir que j y suis presque parvenu. Depuis mon arrivée au Cambodge, j ai un peu collectionné involontairement tous les moyens de transports ; des avions, des petits, des gros, des taxis, taxi voiture, taxi van, des bus, des tuk-tuks, des pousse-pousses, un pick-up, un camion baché, des bateaux plus ou moins gros, pour finir sur une pirogue au Laos, et aussi des motos, allant de la petite mopette a vitesses automatique à la grosse vieille de collection en passant par un trail. Bref, j ai presque tout essayé ! Je me suis même payé le luxe de prendre un peu de hauteur au dessus des temples d’Anghkor à bord d un ballon... Il en manquait pourtant encore un...

Vendredi 8 avril 2005. il est 5 heures du matin a ma guesthouse. Le reveil vient de sonner. Juste le temps d une douche froide rapide et il est deja l heure de sortir afin de trouver un tuk tuk . Quand je lui annonce, "Go to the station, sir" , il me replique sur de lui : ’"ok sir, bus station"... Non non, lui repond-je, “train station”... Il se retourne et me repose la question : "are you sure, sir, where are you going today ?" ’- To Battambang, and I m going by train"... Alors il eclate de rire, demarre son moteur et se met en route en rigolant encore plus fort... ’ah ah ah ! by train, ah ah ah !’ bon s il continue,il va finir par n enerver...

Quelques minutes apres nous voici devant la gare de Phnom Penh. C est un immense batiment colonial de couleur jaune, ferme par des grilles, ou les courants d air sont rois. Pas grand monde, un seul guichet d ouvert car un seul train est en partance aujourd hui ; celui de Battambang. Et ça tombe bien, c est celui que j ai decide de prendre, comme ça, juste pour le fun, car il parait que c est le train le plus lent d Asie, et l un des plus folklo aussi... Qu’importe, cela sera sans doute une expérience enrichissante et celui-ci devrait me menner quelques 282 kilometres plus au nord, a Battambang en pas moins de... quatorze heures. ( !!!) Je crois qu il va falloir être d’une patience à toute épreuve... J ai a peu pres bien dormi, on verra.

Le billet coute 4 dollars, et le guichetier, le seul et l unique, m a bien demande a 2 reprises si j etais bien sur de vouloir prendre ce train pour Battambang. Mais oui !

En attendant, le train est là, enfin, c est un bien grand mot tant ses wagons sont deglingués... Ce train que les français ont construit dans les années 30 est resté en l’état... et depuis l indépendance rien n a changé, sauf la loco vapeur, désormais remplacée, et c’est dommage, par une horrible loco diesel tchèque, une BB-1010.

Sans trop de mal, nous parvenons a trouver 2 places assises au milieu des familles cambodgiennes qui ont déja pris place, mais le confort va être des plus rudimentaire car évidement les banquettes sont en bois, en bois dur, et vue la durée du voyage... En attendant le coup de sifflet du chef de gare, chacun prend ses marques. On pose les cartons ci et la, on ajuste la position des paquets, des poules et des cochons, accessoirement, celle des enfants. Autour du train, les vendeurs ambulants s’affairent . Les passagers se dépèchent d’acheter quelque provision d’eau (dans de petits sacs plastiques avec une paille...), de poisson sèchés ou d’autres viandes bizarres dont je ne vous citerais ici point la provenance afin ne pas choquer les lecteurs partisants de notre Brigitte B. nationale...

Enfin, le coup de sifflet attendu retenti et dans un grincement et un fracas sans nom, le train s’ébranle... Au bout d’une demie-heure, quand ce dernier commence péniblement à s’extirper des faubourgs, nous savons à quelle sauce nous allons finalement être mangés durant les quatorze prochaines heures... D’abord, la vitesse, qui n’excède pas 15 à 20 km/h, avec néanmoins parfois, il faut être honnête, des pointes à 30... Ensuite, cet espèce de “ballancement” de gauche à droite qui n’a rien a envier aux mouvement d’un bateau pris dans une tempête. Enfin, et nous l’apprendrons à nos dépends un peu plus tard, les conditions climatiques, qui, en attendant, pour ce début de matinée, sont fort honorables avec un petit 28-29 degrés... (ca fait rever, hein ?)

En attendant de commencer mon travail, j’observe l’état du wagon... Dans un passé pas si lointain, le wagon devait avoir fiere allure. Aujourd’hui, il ne reste ni portes ni fenêtres et tout est à la bade. D’un autre côté, c’est plus rassurant, car en cas de déraillement, comme c’est déjà arrivé a plusieurs reprises, il sera plus facile de s’extirper du chaos... En Inde, les ouvertures sont barrées par de grandes tiges de fer qui font ressembler tous les trains à des prisons, ce qui constitue un piège infernal en cas d’accident, tout les passagers se retrouvant bloqués à l’intérieur...

Petit tour aux “toilettes”, à savoir wc à la turc où est apposé un énorme seau d’eau, avec, et c’est là tout l’intéret, une magnifique vue panoramique sur les alentours puisque l’état de la fenêtre est la même que dans le wagon ; une gigantesque ouverture sur l ‘extérieur... Mieux qu’un home cinéma ! Le paysage défilant devant vous, ou derrière vous, c’est au choix...

-  Concernant la population du train, passagers,= femme aletant comme voisine, paysans au teint buriné et brulé par le soleil, beaucoup de vieux, curieux de ma présence et souvent assez hilares, militaires pour l escorte (puisque le train va traverser 2 zones de non droits), enfants, aveugles mendiants, commerçants, et, je le decouvrirait plus loin durant le voyage, un opéré avec sa cicatrice et son cateter couche par terre, bref, c est un peu la cour des miracles... Beaucoup sont allé faire des courses a la capitale et donc des paquets un peu partout.

-  les conditions de voyages = dans un grand fracas le train s est mis en route, nombreux freinages brutaux qui vous précipitent à terre, banquettes en bois, ouiille mes fesses, chaos nombreux, terribles, les wagons se balancent a droite et a gauche de façon impressionnante, et on manque de dérailler a plusieurs reprises, on parle, on crie, on mange, on rit, on change les enfants et on prend meme sa douche... wagons complètement destroyed, sales, crades, toilette dans le style, il faut bien faire attention a garder sa place. On voit le balastre défiler sous le plancher du wagon par de grosses fentes. Dans plusieurs gares, on nous balance des bombes d’eau, car ici, c’est la tradition pour le nouvel an Khmer, dans quelques jours... Et on reprend les rails, balancés de gauche a droite pendant des heures... Vive le hamac que certains sont arrivés à monter et où ils arrivent à trouver une certaine forme de sommeil... Les passagers mangent tout ce qui leur tombe sur la main, et evidement balancent les dechets par terre... Ca commence a ressembler a une poubelle ; ca tombe bien, j ai de l entrainement, apres mes journees passees a la decharge en compagnie de mes petits chiffonniers... Vous pouvez donc y aller a coeur-joie, il reste encore un peu de marge !-... ouarf ouarf ouarf... 4 wagons dans le même état, le dernier étant le pire. Par contre on trouve a boire dans ce dernier et un jeune ne cesse de faire des aller-retour chargé d un grand sot ou sont empillées des boisons au millieu de morceaux de glace. On peut aussi manger et a chaque arrêt en gare, une petite foule se précipite aux fenêtres pour vous proposer tout un tas de trucs plus ou moins douteux à manger. J ai failli me faire avoir en prenant deux beaux morceaux de viande pour du poulet alors que c’était en réalité du rat... (bonjour la taille du rat, je ne voudrais pas l avoir dans mon grenier... !) Des gens sur des wagons ouverts avec du bois, des "mopettes", et d autres sur le toit que l on entend marcher, sauter, courrir...

-  Bon, maintenant parlons des conditions meteo = ce fut d abord, une chaleur montante, puis rapidement suffocante pendant 4 heures, ou chacun prie pour quelques gouttes de pluie... puis vint une tornade de vent, puis soudain un assombrissement assez inquietant accompagne d une chute des temperatures..., puis enfin la pluie, quelques gouttes qui font d’abord du bien, puis soudain gros orage violent et coups de tonnerre absolument démoniaques et enfin, l aphotheose avec des raffales de vent et d eau qui traversent carrement le train, qui se retrouve donc trempé a l exterieur et désormais a l intérieur... Et oui, il n y a plus de fenetres, et malgrès certains petits volets que l on peut descendre, ... mais comme un sur deux ne fonctionne pas...Evidement on est trempes comme des soupes, et donc, apres avoir transpirer comme des ours pendant des heures, on a froid desormais, tout est mouille, rien pour se rechauffer, et on grelotte dans les chaos du train et la penombre... A y repenser maintenant, c etait vraiment, mais vraiment apocalyptique

...
-  Ce sont aussi des grands moments de solitude où l’on pense à ceux qui sont en France et pour passer le temps, on imagine ce que chacun fait... Tiens, il doivent etre en train de se lever, ou au bureau, ou en train de prendre un cafe, ou tiens, en France c est l heure du petit-dejeuner, du dejeuner... ""Et moi qui suit la comme un con, dans ce train pourri, sans nom, qui va nulle part, a 15 a l heure, j ai faim, j ai froid, j ai soif, et j en ai vraimemt, mais vraiment marre !""...

-  Puis la nuit survint, épique, puisque plongés dans le noir complet pendant les deux dernières heures, Evidement, vu l etat de delabrement assez avance du train, pas une seule lumière évidement dans les wagons... c’est très bizarre de se déplacer ainsi, au milieu du noir total. Vous vous penchez par la fenetre pour essayer de voir si par le plus grand des hasards, il n y aurait pas une petite gare en approche, et paf ! vous vous prenez une grosse feuille de palmier dans la tete parce qu evidement, vous ne l avez pas vu arriver...

Plus de huit heure du soir... 14 heures de voyage bien sonnees... Toujours pas de Battambang en vue. J ai un mal de dos carrabiné, les fesses en compote, et commence, il faut bien l’avouer à en avoir franchement raz-l’bol... Dans ce noir complet, me vient alors soudainement une idée, celle d écouter un peu de musique via l ordinateur, et aussi de commencer a écrire cet article. Vision irréelle : .... imaginez un train tout noir, traversant une campagne toute noire, a 15 a l heure, dans des gricement lugurbes, avec au milieu, une sorte de visage éclairé par la lueur d’un ‘écran d’ordinateur tout droit sorti du futur pour ces gens qui viennent tous par curiosité s’agglutiner dans mon dos... Merci à Macintosh d avoir inventé le clavier de Powerbook rétro-éclairé car sinon, je n’aurais pu écrire ces quelques lignes... Par contre pas merci aux moustiques et autres insectes qui sont tous venu voir eux aussi a quoi ressemblait un ecran de portable Macintosh... Enfer et damnation ! il faut leur dire -aux moustiques-, qu’Apple Expo, c est en septembre et c est a Paris... Pas dans ce train pourri !

Nous arriverons finalement à Battambang à 21.30... Pas de commentaires, svp !. Après cet interminable voyage de plus de 15 heures, nous sommes crevés, épuisés, lessivés, reproduisant encore machinalement les milliers de chaos que nous avons subi et sales de la tête au pieds. La gare surgit soudain au milieu de nulle part pour marquer notre délivrance. C’est une ancienne petite gare coloniale complètement laissée à l’abandon et éclairée par quelques néons blafard, bref, c est encore une fois le bout du bout du Monde...

Des tuck-tucks nous y attendent comme par magie, pour nous proposer les services de quelques petites guesthouses minables... Voyant nos mines défaites, ils nous demandent d’où nous venont et quand nous leur répondons “-de Phnom Penh”, ils éclatent tous de rire... Ben tiens ! Ca manquait ! La boucle est bouclée ! Meme pas la force de leur repondre...

Voila resume ce petit voyage en train, voyage que je me ferais un plaisir de vous faire decouvrir en video car, j avais achete la veille une petite caméra Sony à Phnom Penh pour fixer les sons et les mouvements de cet aller pour l’enfer. Je vais donc aussi en profiter pour faire un film sur mes petits chiffonniers...Donc, rendez-vous a mon retour.

Cambodge, le 30 mars 2005.

Bonjour a tous,

Voila plus d une semaine que je voulais vous parler de "mes" petits gamins rencontres sur la decharge de Phnom Penh, mais je ne suis pas encore arrive a trouver les mots pour vous raconter leur quotidien. Le temps passe, court, file a toute allure ici et finalement, ce soir, apres cinq jours et soirs passes en leur compagnie, je decide de me lancer.

Alors voila.

Ici, il fait chaud. Une chaleur effroyable, humide qui vous prend le matin au saut du lit et ne vous lache plus jusqu au soir, tres tard, quand la nuit est deja bien avancee... Mettez une chemise propre a 6 heure du matin, vous pouvez etre sur qu elle sera trempee de sueur avant 7 heures. C est ainsi... On est un peu surpris au debut, puis l on s y fait, ou l on essaie de s y faire, en se disant qu apres tout, c est ca l Asie... Les douches froides n y font rien, ou tres peu, et d apres les confidences recueillies aupres de cambodgiens, ils ont aussi chaud que nous, la mentalite asiatique faisant juste qu ils le montrent un peu moins... Il y a donc des heures ou il vaut mieux ne pas sortir tant la torpeur et le soleil sont dangereux et vous assomeraient immediatement ...

C est pourtant dans ces conditions extremes que les petits "chiffonniers" travaillent, 7 jours sur 7, et plus de 14 heures par jour. D ailleurs, chiffonniers est un terme quelque peu generique pour decrire les gamins du Monde entier qui travaillent sur les depots d ordures de notre planete. Car des chiffons, un peu de douceur, il n y en a pas beaucoup sur la decharge. On s approcherait un peu plus de la verite si l on parlait plutot des "enfants poubelles"...

Les plus vieux ont 12, 13, parfois quatorze ans. Les plus jeunes, n ont meme pas 5 ans. Et tous ont une histoire, la meme histoire, une histoire ou se melent pauvrete extreme, maltraitance, parfois la faim et surtout ces coups qu ils recoivent, depuis toujours. Certains ont ete abandonnes, mutiles pour mendier, d autres violes et beaucoup vendus pour quelques dollars. Ils ou elles, -car il y a beaucoup de petites filles- s appellent Schenda, Mom, Somaly, Tho, Chetra, Sung... Des petites bouillent a vous faire craquer et un passe a vous faire pleurer. Ils ont tous grandit sur la decharge et en connaissent les lois, les regles, les dangers, parfois ses annectotes... Si la derniere en date s appelle "Loucky", un drole de french photographe qui, n a rien trouve de mieux que de mettre les pieds la ou il ne fallait surtout pas les mettre et qui a faillit disparaitre engloutit dans la nasse noire du jus d ordure , (on a bien rigole !) l avant derniere annecdote s appellait quant a elle Mary et n avait meme pas 1 an... On l a retrouve un matin, au beau milieu de la decharge ou ses parents l avaient jetee durant la nuit, sans doute accables par la charge financiere qu un enfant handicape allait leur apporter. Une petite vie de fille qui commencait si mal... (aujourd hui Mary va bien, a ete adoptee et prise en charg par l association PSE, mais souffre neanmoins de graves troubles neurologiques...) Bref, la premiere fois que je les decouvert, je me suis demande dans quel monde je venais d etre soudainement projete. Et je n oublierai jamais. D abord l odeur, certe repugnante, mais surtout tenace, presque palpable qui par moment vous donne des haut-le-coeur. Ensuite, cette chaleur poite, moite, qui vous assomme et vous brule impitoyablement en moins de temps qu il ne faut pour le dire. Enfin, ces fumees, suffocantes, acres qui vous font tousser, cracher, pleurer parce qu elles piquent et brulent les yeux... Les 3 melanges sont un veritable enfer. Pas de purgatoire. Les plus vielles ordures sont poussees un peu plus loin pour etre brulees. Courbes, munis d un crochet, les enfants arpentent des monticules d imondices noitratres, incandescents, avec de pauvres paires de tongues, accroupis a quelques centimetres d un "sol". Le sol, parlons-en ; ressemblant plus a celui d un volcan, d une terre brulee, qu a celui d une decharge. Ici et la des fumerolles s echappent plus ou moins toxiques. Plusieurs fois, j ai du rebrousser chemin, les yeux rougis et irites par cette ambiance apocalyptique. Dessous le feu couve... J ai l impression que les semelles de mes chaussures vont fondre. Impression bizzare. La chaleur est intenable ; combien fait-il en surface ? 45 ? 48 ? plus ? Je n ose meme pas l envisager, me contentant de chasser les flots de sueur qui me coulent aussi dans les yeux... C est sale et sa brule aussi. Ce n est pourtant pas le soleil qui n arrive jamais a percer l epais nuage dans lequel il faut evoluer... Vision de fin du Monde. Et pourtant, ils sont la, devant moi. Ce sont eux qui me poussent a tenir, a aller jusqu au bout de ce qui m est insupportable. Mais je ne me donne meme pas le droit de me plaindre, d abandonner. Comment font-ils, eux ? Comment tiennent-ils ces gamins ? Parfois ils disparaissent dans un nuage de fumee plus opaque qu un autre, alors qu ils ne sont qu a quelques metres de moi. Pas un mot ne s echappe de leur etre. Silence pesant que seul vient de deranger au loin le "va et vient" des bennes a ordures qui entament leur sordide rotation. Il est 6 heure 30 du matin. Le jour vient de pointer son nez, la bas, ou peut etre la, car le soleil, on ne le voit tjrs pas... Les enfants soudain se mettent a courir. L un d’eux trebuche et tombe sur les cendres. Il se revele aussitot. Pas un commentaire. De toutes facons, il etait deja noir comme un charbonnier de la tete au pied... Je les suis maladroitement avant de trebucher moi aussi. Et m..... ! Salete de fil de fer ! Une fois de plus, ce sont les coudes qui ont pris ; le "sacro-saint" materiel est intact. ouf ! encore ouf !. Quelques egratignures. Rien de grave, mais je m en veut encore une fois de ne pas avoir regarde ou je mettais les pieds... Quand j ai crie, les enfants se sont retourne... juste eu le temps de voir quelques dents blanches qui sourriaient... puis ils ont reprit leur petite course. Certains sont tellement petits que je ne les apercoie meme pas, caches qu ils sont par l enorme sac qu ils portent ou s ajoute peniblement, minutes apres minutes, le resultat de leurs fouilles minutieuses. En fait, les enfants courent car "la vraie" journee vient de commencer pour eux. Il faut etre les premiers sur les ordures qui viennent d etre deversees si l on veut avoir la chance de trouver quelque chose : un bout de plastique, de verres, de metal, de chiffon, de papier, une pile... tout est separe, recupere, puis enfin, trie. Ces dechets partironts ensuite pour le Vietnam, la Thailande afin d etre recycles. Pour l heure chacun joue des coudes afin d avoir le droit de fouiller sur ce qui vient tout juste d arriver. Rapidement, je m apercois qu une hierarchie s est impose. Ce sont d abord les plus grand qui ont la priorite car la plupart ont paye des chauffeurs de bennes jusqu a 40 000 riels par mois (8 us dollars) pour avoir le droit de fouiller les premiers... Viennent ensuite les autres qui auront donc tout juste le droit de fouiller... ce qui a deja ete fouille. Evidement les plus petits viennent en dernier, et s ils veulent parvenir a remplir leur sac, ils devront travailler 2 a 10 fois plus que les premiers. Bref. Une nouvelle fois l enfer pour ces gamins. L ambiance a change ; je ne marche plus sur un sol attrofie par le feu mais sur des ordures, des dizaines de milliers de petits sacs plastiques eventres d ou surgissent nourriture avariee, bouteilles casses, dechets industriels, chimiques, hospitaliers, residus en tous genre d une societe de consomation naissante, celle de Phnom Penh. Ca glisse, ca pu et il tres difficile d y evoluer sans s enfoncer jusqu aux chevilles. (j ai achete au marche central des chaussures plus resistantes afin d eviter de me couper) Les enfants eux, sont plus agiles vu leur faible poids, mais sont tjors en tongues... Armes de crochets au bout aiguise, ils piquent et repiquent les sacs plastiques pour les retourner, verifier leur contenu, recuperer ce qu il y a a recuperer et les rejeter derriere eux. Les mouvements sont mecaniques, inlassablement repetes des milliers de fois dans une seule journee. Parfois un enfant s arrete et s assoie a meme les ordures. C est generalement qu il vient de faire une petite trouvaille, un morceau de bande dessinee, un vieux livre, une photo ou un bout de jouet. Alors, le petit homme poubelle redevient petit homme tout court et se prend a rever, a lire, a jouer. J aime bien ces moments d "intimite" extreme que je m efforce de saisir de loin, au tele, pour ne pas les deranger. Ce sont des moment d une telle force, d une telle beaute... Imaginez un enfant de 5 ans, sale "comme un chiffonnier", assis sur un gigantesque tas d ordures, en train de dechiffrer un journal... J ai meme vu une petites filles s arreter, saisir une rose presque fannee qu elle venait de trouver la, miraculeusement au milieu de nul part et la porter doucement a son nez avec un regard fabuleusement triste et romantiques ala fois. A quoi pouvait elle penser ? Oui, "un jour, ton Prince viendra, un jour il t emmenera"... En attendant, un autre danger surgit ; crachant une fumee epaisse et noire dans un clicqueti infernal, c est le bulldozer, charge de repousser les ordures toujours plus loin, mais qui, parfois, ecrase les enfants car il ne les voit pas. L enorme monstre d acier est deja sur nous. Au dernier moment les enfants l esquivent. Combien ont paye du prix de leur vie ou de leur membre le droit a survivre ici ? Schenda, une petite fille de 6 ans m explique qu elle a perdu son petit frere et sa meilleure amie comme ca, et que, meme si cela est arrive il y a plus de six mois, elle a toujours autant de peine. Quand on lui demande si ce travail n est pas trop dur pour elle, elle repond, les yeux baisses vers le sol ; "- non, c est pas dur la decharge. Ce qui est dur c est que je voudrait que mes parents m aiment..."

Des histoires et des annecdotes comme celle-ci, j en ai entendu des dizaines pendant ces quelques jours passes en leur compagnie. Ce n est rien de dire que l on ne peut etre que bouleverse, revolte, et emu par autant de detresse de malchance. Ces gosses, on ne peut que les aimer tout en pensant aux notres qui parfois font la moue devant un jouet...

Plus les jours passaient plus mes forcent diminuaient. La chaleur intenable, les fumees et tout ce que vous emportez avec vous, le soir, dans la tete et dans le coeur, toutes ces choses parfois pas facile a partager. J ai fini par faire une pause a cause d une sale toux qui venait de me prendre. Histoitre aussi de prendre un peu de recul. Je suis descendu 3 jours au sud du pays, Sihanoukville, Kampot, des lieux plus touristques, d anciennes villes coloniales, d autres images qui ne sont pas arriver a effacer celles de mes petits chiffonniers. Aujourd hui, je suis a Anghkor depuis 4 jours et je travaille sur les temples. C est magique. Imaginez 400 kilometres carres de temples... Mais ces gamins me hantent, me manquent. Demain je prends un avion pour le Laos mais je reviendrais travailler et partager la vie de mes petits chiffonniers des que je pourrais, sans doute une partie de la derniere semaine avant mon retour.

Voila. En attendant, je vous joins quelques images car ici, internet semble aller plus vite. Elles parleront peut-etre d elles memes si je ne suis pas un trop mauvais photographe. Merci d avoir pris le temps de me lire. Je sais que j ai ete un peu long, mais bon, comme on dit ; ce qui est a l exterieur n est plus a l interieur... Je vous embrasse et pense bien a vous. J espere que tout va bien A bientot

Jean-luc

Phnom Penh le 25 mars 2005.

Bonjour à tous,

Voilà bientôt 4 jours que je n’ai pu écrire et ce message vous expliquera pourquoi. À force de sillonner la capitale Cambodgienne en long, en large et parfois en travers, on finit par tomber sur un vrai beau sujet. Celui qui suit en est un ...

Bref, il y a un peu plus de 5 jours, je suis arrivé dans un endroit indescriptible, tant au niveau de ce que l’on peut y voir, que ce que l’ on peut y sentir, et surtout de ce que l’on peut y ressentir... C était la décharge de Phnom Penh, un endroit tout droit sorti de la cité de la joie, un autre monde, l’une des plus grandes décharge d Asie du sud-est... et évidement des enfants y vivaient, y travaillaient dans des conditions effroyables et ce, de jour comme de nuit...

Mais il faut aussi que je vous explique comment j ai failli mourir bêtement et de la façon la plus ignoble qu il soit...

Quand je suis arrivé là-bas, j’ai tout de suite compris que cela serait un bon sujet à traiter... Sur la droite du tuk-tuk avec lequel j’étais arrivé, se trouvait une sorte de terrain vague avec dessus les milliers des détritus terreux et marronnasses lavés et relavés par la pluie... pas d’herbes. Juste des détritus de la couleur de la terre. Une odeur pestilentielle s’en dégageait... De l’autre côté de ce terrain vague, se trouvait un énorme monticule (presque une montagne) d’ordures que les enfants escaladaient dans une brume âcre de fumées blanches. J’ai commencé à faire (au téléobjectif) des photos de ces enfants, petites silhouettes noires au milieu de cette espèce de brume fumée nauséabonde, mais on les distinguait à peine... Ils disparaissaient happés par cette dernière. Alors, pour m’en rapprocher, j ai commencé à traverser l’ espèce de terrain vague qui nous séparait, mais alors que j avais parcouru une quinzaine de mètres, le sol qui m’avait semblé un peu meuble au début, s’est soudain "esquivé" sous mes pieds et j’ai commencé à m’enfoncer lentement mais irrémédiablement dans une espèce de nasse noire que recouvraient ces détritus... C’etait terrible. Je ne pouvais rien faire et je continuais à m’enfoncer... j’avais mes 2 boîtiers numériques à la main et mon premier réflexe a été de les lancer le plus loin possible... Le chauffeur du Tuk tuk criait en cambodgien pour que l’on vienne m’aider, mais rien n’arrivait... Pas un arbre dans les alentours, rien pour s accrocher... J ai essayé de "m’allonger" pour m’enfoncer moins, ce qui a presque fini par marcher, mais je continuais à descendre... Cela ressemblait à du sable mouvant mais ca n ’en était pas... Sous cette espèce de grosse croûte de 30 à 40 centimètres de déchets terreux se trouvait une sorte de jus noirâtre (un concentre de jus de m...., on peut le dire) Quand la croûte de déchets qui recouvrait ce terrible piège est arrivé à hauteur de mes épaules et a commencé à se refermer, j ai vraiment cru que j allais y passer... c etait une des pires situations que j avais jamais vécue et je commençais à me dire que c’ était vraiment con de mourir ainsi... Finalement un enfant chiffonnier est arrivé en courrant et m’a jeté un grand morceau de tissu auquel je me suis accroché, puis, avec l’aide d’autres enfants, il est arrivé à me tirer de là... Je sais que cela en fera rigoler plus d un, mais cette fois ci, je me suis vraiment fait peur. Quelques minutes après, cela se transformait en une franche partie de rigolade car j’etais évidement noir de la tête au pied... des enfants accouraient de partout en rigolant, le visage aussi sale qu attendrissant... Pour l’ heure, mes chaussures semblaient foutues, mon pantalon, ma chemise ne ressemblaient plus à rien et je n osais même pas regarder dans quel état argent et passeport avaient été transformés par cette aventure... J’étais terriblement en colère contre moi, dans un état proche d un clochard non lavé depuis 2 ans, pire, je puais cette nasse de jus immonde... Toujours en rigolant, les enfants que je découvrais en même temps, m ont emmené vers une sorte de jet d eau et finalement, pour leur plus grande joie, je me suis lavé tout habillé d abord puis j ai finalement fini en caleçon, tant cette nasse tenait au corps... pouark, pouark pouark... Je découvrais que j etais entouré de dizaines de dents blanches sous des visages noirs et cela reste ma première image des petits chiffonniers de Phnom Penh. Finalement, mes boîtiers photos, bien que couverts de boue quand je les ai récupérés, n ont pas trop souffert de cette mésaventure et ce, à mon grand soulagement.J ai juste perdu un le protége écran du dernier boîtier achète (Fuji S3 pro), rien de bien grave donc, je m en tire à bon compte. Mon passeport a un peu plus souffert, mais après l avoir séché, il a repris son rôle de précieux compagnon... Quant aux dollars, pas de problème ; cette monnaie est tres résistante...

En fait, le bon côté de la chose c est que les enfants m ’ont du coup tout de suite beaucoup mieux accepté et surtout qu ils ont bien rigolé... c est une chose qui ne leur arrive malheureusement pas très souvent ici et je suis presque fier d y être arrivé, à mes dépends bien sur... (Un peu plus tard, j appris que malheureusement plusieurs enfants n avaient pas eu ma chance et que plusieurs d entre eux etaient morts ainsi, piègés la plupart dans la nuit par ce "terrain-piège", terrain qui les englouti, seuls, au milieu de l anonymat de leur misère...)

Voilà. Je savais qu il fallait se mouiller pour parvenir à réaliser un bon reportage, mais je n’aurais jamais imaginé me retrouver dans la merde de la tête aux pieds. C’est chose faite.

Allez. Fini pour aujourd hui. Je fais une pause.

Dans mon prochain mail, je vous parlerai de ces petits chiffonniers de Phnom Penh avec qui je viens de passer ces 4 "merveilleux jours"... Quelle leçon ! Des gamins du bout du Monde, courageux, extraordinaires mais qui n’ ont comme terrain de jeux que celui dangereux et nauséabond de la décharge...

En attendant, j essaie de vous joindre une photo. J espère qu elle arrivera à passer... À bientôt

Jean-luc

Phnom Penh, le mardi 22 mars 2005. Midi ici, 6 heure du matin chez vous. 35-36 degres a l ombre et tjrs 85 % d humidite...

Bonjour a tous

Pas beaucoup le temps de vous donner des nouvelles depuis la derniere fois, car envoyer un mail du Cambodge s avere plus problematique que prevu... Notre ADSL francais est loin d etre arrive jusqu ici et le tout est dune longueur affligeante... Pensez donc, les connections les pluis rapides tournent ici a 123 kb alors que chez nous, les plus lentes sont a 512... je pleure !

Bref.

Faisons rapide. Le temps m est compte...(1 dollar de l’heure et cela prend du temps de taper sur un clavier cambodgien !)

Jour 1 : finalement aucun probleme pour passer frontieres et securite khmer... En gros, ils s en foutent ; tant mieux ca m arrange. L’aeroport etait beaucoup plus petit et plus pauvre que celui de Kuala Lumpur, mais il venait d etre refait. Les gens rencontres dans l avion m ont propose de me conduire en ville, ce que j ai accepte. C est toujours mieux de rentrer accompagne dans un endroit que l’on ne connait pas ; ca evite de se faire avoir... Pas trop de difficultes non plus pour trouver un hotel calme, paisible et pas trop honereux... Le mien s appelle "Number 9 Sister Guesthouse", il est propret, monte sur pilotis puisque sur le lac Boeng Kak, en bois, et me coute 5 dollars la nuit. (pour ce prix la, evidement, il ne font pas la chambre tous les matins, mais bon... puisque l on se dechausse a l entree de la guesthouse, ca va.) Evidement, pour ce prix la aussi, pas d eau chaude, mais j ai une salle de bain constituee d’une douche de 16 metres carres ( !) et un micro lavabo de 20 centimetres de large ( !) et d un toilet (a peu pres normal)... Je vous passe la description des gekkos, des moutisques (j ai une moutiquaire) et autres insectes... Surtout la chambre est fermee par un cadenas et je peux donc laisser mon materiel en toute securite... c est pour moi le plus important, je me moque bien du reste.

La guesthouse accueille quelques touristes, essentiellement constitues d anglais, ecossais ou canadiens, en marcel, tous assez baraques, un peu rougeots, souvent rases ou portant fierement dreadlecks (coiffure rasta ou les mec semblent avoir remplace le gel par de la terre) mais surtout agrippes a leur cannette de biere toute la journee et affales devant la BBC ou Eurosport a suivre les matchs en differe et a les commenter fougueusement... Quand ils se decident enfin a bouger, c est generalement pour aller a la piscine d un hotel de luxe ou se gaver dans un restaurant a touristes qui leur fera de magnifiques pizzas... Je n arrive toujours pas a comprendre l interet de parcourir 10 000 kilometres pour vacquer a ce type d occupation... Si quelqu un a la reponse, elle est la bienvenue... Ah, j oubliais de parler de leur copines qui doivent a mon avis faire un concours d’atrocite... mini jupe avec juste au dessus,debordant, 2 bonnes grasses rangees de bourelets, le tout meme pas cache par le ma-gni-fi-que marcel moulant qui fait ce qu il peut pour retenir ce qu il y a dessous, et que je n ose imaginer par respect pour le lecteur... Un dernier point ; elles battent a plates coutures leurs "hommes" en ce qui concernent la descente du stock cambodgien de biere...

Voila. ouf... Mais la vue n’est pas toujours facile a supporter, vous le comprendrez... De ma chambre neanmoins, j’ai le privilege de voir le lac, et ca c’est bien... (room number 9).

Voila pour mes conditions de vie initiales. Passons maintenant au Cambodge.

Phnom Penh est une ville qui ressemble en tous points aux anciennes villes coloniales francaises d’asie... Coloree, grouillante, bruyante, parfois sale, mais constituee de grandes avenues plutot aerees, d’immeubles du pur style colonial de 2 ou 3 etages (rarement plus), d hotels de diverses categories et d’une multitude de petits commerces. On y circule a 80% en petite moto mobylette ou s’entassent parfois jusqu’a 6 membres d’une meme famille (si si) ainsi qu’en taxi tuk-tuk (la meme mobylette mais avec une petite remorque derriere et un toit sense protege les occupants), en velo et en micro-camionettes... Les gros 4x4 que l’on croise appartiennent soit a des hauts grades de l’armee, soit a de richissimes cambodgiens, soit encore a des personnels expatries pour des societes americaines ou humanitaire. Evidement, il y a des feux, mais la seule loi est ici celle du plus fort... On arrive encore a sentir, ici et la, l’ancienne presence francaise, mais cela se fait de plus en plus rare, la ville semblant rentrer innexorablement dans l’ere de la consomation debridee et surtout envahie par de nombreux magasins de gadgets electroniques a bas prix, tout droit importes du Japon ou de la Chine. Le francais a malheureusement ete remplace par un anglais approximatif, et seuls, les anciens arrivent encore a vous sortir quelques phrases dans la langue de Voltaire. C’est dommage. L’Amerique semble une nouvelle fois etre prise comme modele et la plupart des jeunes, souvent scotches a la TV depuis leur plus jeune age revent en silence de traverser les mers pour aller gouter au luxe du pays de l’Uncle Sam...

Phnom Penh ne serait pas Phnom Penh sans ses nombreux marches. On y trouve de tout et rapidement on s’apercoit que tout n’est que copie : copies de montres de luxe, de tee-shirts, de chemises, de pantalons, de chaussure, de sac a dos... et meme leurs souvenirs sont des copies... Vous voulez un sac Lowe Alpine ? Pas de probleme, vous le trouverez ici pour moins de 10 dollars... Une montre Cartier ? 20 dollars... un film en dvd ? tous les titres a 2 dollars... un cd ? 1 dollar... Vous recherchez un logiciel, un systeme, Window ou Mac ? pas de soucis, ils y ont tous et leurs prix n’excedent pas 10 dollars  ! (y compris les logiciels d’architecture ou de 3D a plus de 4 000 euros)... Pire, tous les livres importes sont copies et vous pouvez trouver l’edition du Lonely Planet Cambodge (20 euros-25 dollars en France) pour 2,5 dollars ici... Encore mieux : venez avec un catalogue d une grande marque de couture ou avec le modele d une rode de mariee a 5000 euros, et repartez 48 heures plus tard avec ladite robe sous le bras pour moins de 50 dollars... Qui dit mieux ?

Voila. Voila comment se defendent les societes dites en voies de developpement qui ne veulent pas rester en marge du Monde "civilise" et qui n’ont trouve que ce moyen pour ne pas rester a la traine... Avec un salaire mensuel variant de 30 a 150 dollars, qui pourrait en effet se permettre d’acheter Window XP pro sur lequel je tape d’ailleur ce mail au prix qu’on lui connait en Occident ? Vu que tout est a l etal, bien visible et expose de partout, je soupconne neanmoins les societes copiees de laisser faire la copie dans le but de mieux s’imposer le moment venu...

Ah, pour les nostalgiques des annees Woodstock, sachez enfin, que le kilo d’herbe, enfin de canabis si vous preferez, se negocie aux alentour d’un dollar et demi chez les revendeurs grossistes... oui oui, vous avez bien compris, un dollar et demi... Qui qu’en veut  ???!!!! (sinon, c’est 10 dollars...) C’est simple, le canabis serre ici d’epice pour certains plats... Paradoxe, alors que fumer du canabis est quand meme interdit (ouarf ouarf ouarf, je rigole...), vous pouvez sans aucun probleme vous manger une enorme "Happy Pizza" pour 3 francs 6 sous... pizza copieusement parsememee de la dite herbe, ce qui est plus dangereux encore... Ne rigolez pas, j’ai failli me faire avoir le premier soir, ne voulant pas tout de suite gouter aux plaisir de la cuisine Khmer...

Dernier point, les cambodgiens... Prevenants, accueillants, toujours le sourire aux levres, le pays des mille sourire a bien merite son nom... Les cambodgiens n’ont rien a voir avec tous les autres asiatiques... Un vrai Khmer se reconnait a son teint (plus fonce, plus burine), a son nez (tres large, enfonce et plus epate), a ses levres charnues et enfin a ses cheveux moins raides que ses voisins vietnamiens ou chinois... Voila. Le Khmer est avant tout un guerrier et un paysan, un peu fou dans sa tete, ne pensant qu a sa survie et donc au profit immediat, mais il est aussi tres fier et veut reussir ce qu il entreprend mieux que les autres... (d’ou la folie des khmers rouges qui ont voulu reproduire le schema communiste pur a 200%, persuades qu ils allaient mieux faire que les autres... Leurs 2 millions et demi de victimes ne me contrediront pas ; pour reussir, ils ont reussit... en moins d’un an, le peuple cambodgien tout entier etait devenu paysan, 4 ans plus tard, le tiers etait mort...) Que dire d’autres a part qu’ils ne supportent pas trop bien l’alcool, j en veux pour preuve cette annecdote trouvee dans un journal local : il y a moins d’une semaine, dans le nord du pays, 2 "travailleurs" qui avaient un peu trop bu, n’ont rien trouve de mieux que de jouer a la roulette russe avec... une mine... Oui oui, vous avez encore bien lu : ils se sont amuse a se payer respectivement "des tournees" en tapant sur la mine avec leur main... -au debut doucement- Au bout d’une dizaine de tournees, ils commencaient a etre franchement hilares (tout comme le reste du bar... no coments) ... Le detonnateur de la mine qui avait bien resiste jusqu’alors a fini par se declencher, tuant nos nos deux "joeurs" mais estropiant aussi une douzaine de "spectateurs"...

Voila, c’etait quelques petites nouvelles du Cambodge... Dans un prochain mail, je vous parlerai de la visite du fameux camps S-21, de mes impressions et surtout du sujet qui m’occupe jour et nuit depuis plus de 4 jours... un sujet de reportage magnifique et terrible a la fois, que vous decouvrirez a mon retour.

En attendant, c’est tout pour aujourd’hui... A bientot

Merci de votre lecture,

Jean luc



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> Jean-Luc Mège, photographe
10 mai 2005, par Lionel

Passionant, impressionant, une vision du monde bouleversante. J’ai hâte de voir les photos... et de connaître la suite de l’histoire.

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