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LES CAHIERS D’IMAGES N° 5
Des jardins pour lire la ville
Marie-Pierre Vincent
mardi 15 juin 2004


Il est des lieux dans la ville, des lieux connus ou méconnus qui donnent à lire la ville. Des lieux, qui façonnent l’histoire, les mémoires et le patrimoine de la ville. Lieux d’expression privilégiés de la culture populaire et ouvrière stéphanoise, les jardins ouvriers constituent de formidables lieux de savoir-faire, de sociabilité et de solidarité.

Ils sont aussi des fragments d’espace, des témoins de notre histoire industrielle et urbaine, à laquelle ils sont indissociablement liés. Parcourir aujourd’hui les jardins ouvriers de Montreynaud et du Marais nous amène à croiser à partir d’un travail de mémoire, le passé, le présent et le devenir d’un site ancré dans la trame d’une histoire sociale et industrielle d’un ancien quartier de Saint-Etienne. Le quartier du Marais qui, en un peu plus d’un siècle, s’est composé puis décomposé au rythme d’un processus d’industrialisation et de désindustrialisation.

Cette visite dont nos guides sont des jardiniers, " ex-métallos " du Marais pour la plupart, se propose de dévoiler une saison au jardin. La pratique quotidienne du jardinage rythmée par le temps, les concours de jardins, les fêtes sont autant de moments que Marie-Pierre Vincent a choisi de privilégier pour cette rencontre avec les jardiniers. Ce qu’il en ressort, c’est l’agréable sentiment d’avoir passé un peu de temps au jardin et ce sont surtout ces figures de jardiniers, pour qui l’essentiel est de " passer le temps ", " se faire plaisir " et " bien travailler son jardin ". Dans les jardins ouvriers, les jardiniers retraités parlent du " travail de la terre", comme une nécessité, comme s’ils n’avaient jamais quitté le monde du travail.

Cette visite nous invite aussi à un jeu de mémoires entre un territoire de la ville et des jardiniers ouvriers qui réactivent à leur manière l’histoire d’un quartier. Dans les jardins ouvriers du Marais de la section Ascométal, disséminés un peu partout, les fragments d’" usines ", incrustés au milieu des plantations ou ornant les cabanes faîtes d’objet de récupération, sont comme des révélateurs de mémoire. Les briques réfractaires, en silice ou en magnésie, récupérées dans les usines du Marais avant leur démolition ainsi que les placards métalliques provenant des anciens vestiaires de Creusot-Loire, sont autant de signes visibles qui composent aujourd’hui l’archéologie du site. Aussi, les jardins du Marais demeurent-ils le dernier lieu où se donne à voir entre les traces, les récits et les accents des jardiniers, ce qui compose la mémoire du quartier du Marais, traversé par une histoire des migrations indissociablement liée à la fabrication de la ville.

Lila Bencharif



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